D'où vient le sentiment de puissance?
Lorsque j'ai commencé à réfléchir à ce qu'était une femme puissante, les premières images qui me sont venues à l'esprit étaient celles que l'on voit souvent autour de nous.
Une dirigeante.
Une entrepreneure.
Une femme qui réussit.
Une femme qui prend la parole avec assurance.
Une femme qui occupe une place importante.
Puis je me suis posé une question plus simple :
Quelle est la femme la plus puissante que j'ai rencontrée dans ma vie ?
Et curieusement, ce n'est ni une célébrité, ni une femme d'affaires qui m'est venue à l'esprit.
C'est ma mère.
Lorsque j'étais enfant, je ne voyais pas forcément les choses de cette façon. C'est en grandissant que mon regard a changé.
Avec le recul, j'ai commencé à voir tout ce qu'elle avait traversé. Les responsabilités qu'elle avait portées. Les difficultés auxquelles elle avait dû faire face. Tout ce qu'elle avait accompli malgré les obstacles.
Et cela m'a amenée à me demander si nous ne confondions pas parfois puissance et statut.
Parce qu'au fond, qu'est-ce qui fait qu'une femme est puissante ?
Est-ce sa profession ?
Son influence ?
Son compte bancaire ?
Ou est-ce sa capacité à continuer lorsqu'elle est fatiguée, lorsqu'elle doute, lorsqu'elle traverse des épreuves ?
Je n'ai pas la réponse.
Mais je sais que ma définition de la puissance a changé avec le temps.
J'ai longtemps pensé que certaines personnes étaient naturellement puissantes et que d'autres ne l'étaient pas.
Aujourd'hui, je vois les choses différemment.
J'ai plutôt l'impression que la puissance ressemble à quelque chose que nous portons déjà en nous, même si elle ne s'exprime pas toujours de la même manière.
Parfois elle est visible.
Parfois elle est silencieuse.
Parfois elle nous pousse à avancer.
Parfois nous avons l'impression qu'elle nous a quittées.
Mais elle reste là.
Comme un moteur qui continue d'exister même lorsque la route devient difficile.
Cette réflexion m'est revenue à plusieurs reprises en observant différentes femmes autour de moi.
Certaines revendiquent leur puissance.
D'autres ne la nomment jamais.
Certaines l'expriment à travers leur métier.
D'autres à travers leur rôle de mère, leur créativité, leurs engagements ou simplement leur manière d'affronter la vie.
Et pourtant, aucune de ces formes ne me semble plus légitime qu'une autre.
Nous avons souvent tendance à associer la puissance à une image bien précise.
Comme si une femme puissante devait forcément paraître puissante.
Comme si elle devait parler fort, diriger, impressionner ou occuper l'espace.
Mais pourquoi ?
Pourquoi une femme discrète ne pourrait-elle pas être puissante ?
Pourquoi une femme sensible ne pourrait-elle pas être puissante ?
Pourquoi une femme douce ne pourrait-elle pas être puissante ?
Plus j'y réfléchis, plus je crois que la puissance ne se résume pas à ce que les autres voient.
Elle se révèle souvent dans la façon dont nous nous percevons nous-mêmes.
Je le constate parfois dans quelque chose d'aussi simple qu'une tenue.
Lorsqu'une femme se sent bien dans ce qu'elle porte, quelque chose change.
Sa posture.
Sa démarche.
Son regard.
Sa manière d'occuper l'espace.
Non pas parce que le vêtement crée une nouvelle personnalité.
Mais parce qu'il lui permet parfois d'exprimer quelque chose qu'elle n'osait pas montrer jusque-là.
Je l'ai moi-même vécu.
Je me souviens de certaines tenues que je pensais ne jamais porter.
Certaines me semblaient ne pas me correspondre.
Puis un jour, j'ai essayé.
Au début, il y avait de l'hésitation.
Puis de la curiosité.
Et finalement, une forme d'appropriation.
Je ne suis pas devenue quelqu'un d'autre.
J'ai simplement découvert une autre manière d'être moi-même.
Avec le temps, ce qui paraissait étrange est devenu naturel.
Non pas parce que j'avais changé de personnalité.
Mais parce que j'avais appris à habiter cette nouvelle facette de moi-même.
En écrivant cet article, une autre réflexion m'est venue.
Lorsque l'on parle de puissance, nous pensons souvent au pouvoir.
Le pouvoir d'influencer.
Le pouvoir de diriger.
Le pouvoir d'être écoutée.
Le pouvoir d'agir sur les autres.
Pourtant, je me demande si la véritable puissance ne se trouve pas ailleurs.
Parce qu'au fond, qu'y a-t-il de plus difficile : avoir du pouvoir sur les autres ou apprendre à avoir du pouvoir sur soi-même ?
Avoir du pouvoir sur soi, c'est continuer malgré la peur.
C'est rester fidèle à ses valeurs lorsque ce serait plus facile de les abandonner.
C'est assumer ses choix même lorsqu'ils ne sont pas compris.
C'est avancer malgré le doute.
Malgré les échecs.
Malgré le regard des autres.
Peut-être que la puissance n'est pas seulement la capacité à agir sur le monde qui nous entoure.
Peut-être qu'elle est d'abord la capacité à ne pas se perdre soi-même.
Alors aujourd'hui, si l'on me demandait ce qu'est une femme puissante, je ne parlerais probablement ni de statut, ni de réussite, ni d'image.
Je parlerais d'une femme qui continue malgré les obstacles.
D'une femme qui assume ses choix.
D'une femme qui reste fidèle à elle-même.
D'une femme qui ose parfois découvrir des facettes qu'elle ne connaissait pas encore.
Parce qu'au fond, la puissance n'est peut-être pas ce que l'on montre au monde.
Elle est peut-être simplement cette force qui nous permet d'avancer, encore et encore, quelles que soient les circonstances.



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